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Jean-Pierre Rousset

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Jean-Pierre Rousset est un auteur photographe franco-américain et pèlerin de Saint-Jacques.

Il se consacre à l'inventaire photographique des monuments et sites des chemins de Saint-Jacques depuis 1995.

Alors président de la Société landaise des Amis de Saint-Jacques, il contribua à leur renaissance dans le sud de la France avec une petite équipe de passionnés, à une époque où il n'y avait encore ni signalisation, ni itinéraires, ni refuges.
Sauver le patrimoine artistique et permettre à un nombre croissant de personnes de définir le sens de la démarche du pèlerin moderne est le but qu'il poursuit depuis plus de 20 ans.

En 1997, il participa, en collaboration avec le Ministère de la Culture, à l'élaboration de la liste des sites français choisis pour l'inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques.

En 2002, il fonda avec l'avocat bordelais Francis Zapata, également pèlerin de Saint-Jacques, une collection de livres photographiques publiés aux Editions Sud Ouest qui révèlent l'exceptionnelle richesse des paysages, des monuments et des œuvres jalonnant le pèlerinage.

Sa photothèque, Compostela Images, comprend en 2017 environ 30000 images et son travail photographique a donné lieu à des dizaines d'expositions en France, aux Etats-Unis, en Espagne et en Italie.
En mars 2017, il a représenté la France en tant qu'artiste au premier G7 de la Culture qui s'est tenu à Florence sur le thème de "la protection du patrimoine culturel (contre le terrorisme notamment), le problème du trafic (des biens culturels) et la culture comme instrument de dialogue entre les peuples”.

Il vit et travaille à Hendaye, au Pays basque français.

ARTIST STATEMENT

Nous sommes en janvier, dans les Pyrénées. Je remonte avec mon sac à dos et mon matériel photo une piste enneigée.
Soudain, une petite voiture en mauvais état me dépasse, patinant sur les cailloux et la glace. Au volant, une jeune femme avec un bonnet enfoncé jusqu'aux yeux, qui me sourit puis poursuit son ascension tant bien que mal. Un kilomètre plus loin, je la retrouve assise contre son pare-choc, essayant en vain de téléphoner, impossible de faire demi-tour avec le précipice. Elle m'appelle à l'aide, je la redescends sur 3 kilomètres en marche arrière. Elle est espagnole et ses yeux étincellent. Elle me dit "je suis le guide de l'abbaye de Roncevaux, au fond, dans la vallée".
Depuis ce jour les portes les plus fermées de l'abbaye, les cryptes dérobées, les souterrains où sont les crânes des Templiers de Charlemagne, les trésors, les archives, les prêtres et les hospitaliers se sont ouverts à moi et à mon appareil photo.
J'y retourne souvent. Cette petite histoire résume ce qu'est pour moi le chemin de Saint-Jacques : un espace de rencontres fortuites avec les gens qui a comme règle principale de fonctionnement la Providence.
Et la même chance est toujours avec moi dans cette quête que le photographe croit rationnelle, de la belle lumière, du point de vue inconnu. Le repérage sur la carte IGN, le choix de l'optique adaptée, la connaissance de l'heure et de la saison idéales, tout cela est nécessaire mais sur le terrain il y a davantage. J'ai parfois la sensation de surfer une vague qui me pousse là où je dois être.
On ne photographie bien que ce qui nous inspire. Le chemin de Saint-Jacques est ma source principale d'inspiration depuis 25 ans parce qu'il passait devant ma grange dans un désert où il n'y avait rien à photographier. Du moins c'est ce que je croyais à l'époque.

Mais parfois des sujets discrets, méconnus, loin des grandes cités branchées, peuvent cacher un géant culturel. Et c'en est un. Le Chemin de Saint-Jacques a été désigné Premier itinéraire culturel européen par le Conseil de l'Europe en 1987 puis inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1998.

Depuis, j'ai parcouru plus de 20 000 kilomètres, à la fois pèlerin, photographe, nomade...

Chaque pierre romane du Camino envahie par les ronces est reliée, par le fil conducteur du pèlerinage, aux centaines de villes et villages qui, de Moscou à Paris ou de Londres à Bordeaux sont sur la route de Santiago. Un réseau de l'école buissonnière mondiale de la pensée qui forme, avec la Via Francigena allant du nord de l'Europe jusqu'à Rome, l'épine dorsale de l'âme et de l'histoire européenne.